Le Double Diamant est un modèle de conception créé par le British Design Council en 2004. Sa forme, deux losanges accolés, décrit un mouvement de pensée, alternant ouverture et resserrement, appliqué d’abord au problème, puis à la solution.
Ce modèle guide les équipes dans la résolution de problèmes complexes, mais il peut aussi servir de colonne vertébrale à une présentation : quand il s’agit de restituer une démarche d’innovation ou une étude UX à des décideurs, le Double Diamant offre une structure à la fois rigoureuse et lisible.

Ce que représente le Double Diamant
Chaque losange illustre le même mouvement. On s’ouvre d’abord pour collecter, explorer, questionner : c’est la divergence. Puis on se resserre pour sélectionner, synthétiser, décider : c’est la convergence. Le premier diamant traite le problème. Le second construit la solution.
Le principe de cette alternance divergence-convergence doit beaucoup à Béla H. Bánáthy, théoricien des systèmes qui a formalisé cette logique bien avant que le design thinking ne la popularise. Ce que le British Design Council a fait, c’est lui donner une représentation visuelle mémorable et applicable au terrain.
Le modèle n’est pas séquentiel au sens strict. On peut revenir en arrière entre les phases, relancer une exploration après une phase de définition trop étroite ou alterner entre développement et découverte, si les tests révèlent un problème mal posé dès le départ.
Premier diamant : cerner le vrai problème avant d’agir
Avant de chercher des solutions, il faut s’assurer de comprendre réellement ce qu’on cherche à résoudre. Le premier diamant est entièrement consacré à ce sujet : ne pas présupposer, ne pas raccourcir.
Phase 1 – Découverte : observer sans présupposés
C’est la phase la plus souvent sacrifiée. On préfère aller vite, proposer des solutions, montrer qu’on avance. Pourtant, c’est ici que se construit la légitimité de toute la démarche.
La Découverte repose sur des méthodes de terrain : entretiens utilisateurs, observations in situ, benchmarks, collecte de données qualitatives. Les livrables sont concrets (personas, cartes d’empathie, verbatims) et ils serviront de références partagées pour toutes les phases suivantes. Plus cette phase est conduite sérieusement, moins les phases ultérieures sont exposées à des revirements coûteux.
Phase 2 – Définition : formuler le bon problème
La Définition est le point de convergence du premier diamant. On prend toute la matière brute accumulée en phase de Découverte et on la synthétise pour formuler une problématique précise et actionnable.
Les outils courants incluent le parcours client, les diagrammes d’affinité et les questions « How Might We », qui permettent de reformuler les tensions observées en opportunités de conception. Une problématique bien formulée à ce stade, c’est ce qui distingue une démarche construite d’une réponse intuitive à un symptôme mal identifié.
Second diamant : construire et affiner la solution
Une fois le problème posé, le second diamant ouvre à nouveau l’éventail, non plus pour explorer le terrain, mais pour imaginer des réponses.
Phase 3 – Développement : explorer les solutions par itération
La phase de Développement est délibérément désordonnée. Brainstormings, ateliers de co-création, prototypes basse fidélité sous Figma ou sur papier : l’objectif est de produire de nombreuses pistes sans s’engager trop vite sur l’une d’elles. Chaque cycle de test affine l’idée, la recentre ou la disqualifie. C’est précisément l’intérêt de travailler avec des prototypes légers : l’échec d’une piste à ce stade ne coûte presque rien, là où il coûterait beaucoup après développement complet.
Phase 4 – Livraison : déployer et mesurer
La Livraison n’est pas la fin du processus, c’est le moment où la solution rencontre le réel. On teste en conditions réelles, on mesure via des indicateurs définis en amont, on ajuste. Le modèle encourage explicitement une boucle d’amélioration continue : les enseignements de cette phase peuvent relancer un nouveau cycle de Découverte.
C’est aussi à ce moment que la dimension Présentation prend toute son importance. Restituer les résultats d’une démarche Double Diamant à des parties prenantes demande une structure narrative adaptée. Comment ouvrir cette présentation conditionne souvent l’attention que le reste recevra. Pour construire ce pitch de restitution, il vaut mieux penser la présentation comme un parcours, pas comme un rapport.
Double Diamant et design thinking : le même processus ?
Les deux modèles partagent la même logique fondamentale : alterner exploration et sélection, centrer la démarche sur l’utilisateur, itérer plutôt que planifier. Leur différence tient au niveau de détails.
Le design thinking en cinq étapes, tel que formalisé par Stanford, est plus prescriptif sur les activités à mener à chaque étape.
Le Double Diamant est plus abstrait et plus visuel, ce qui le rend plus communicable auprès de personnes qui ne sont pas designers de formation.
Les deux peuvent coexister dans une même démarche, l’un servant de cadre général, l’autre de guide opérationnel.
Transposer le Double Diamant dans une présentation PowerPoint
Visualiser ce modèle dans une présentation a une valeur que les équipes sous-estiment souvent. Pour des parties prenantes (direction générale, clients, sponsors de projet), la démarche n’est lisible que si elle est rendue visible.
Un schéma bien construit du Double Diamant en ouverture d’une présentation aligne immédiatement les attentes : on sait où on en est, ce qui a été fait, ce qui reste à faire.
En pratique, une structure claire pourrait ressembler à ceci :
- une slide de synthèse par phase, construite autour des livrables concrets produits à chaque étape ;
- une slide de transition entre les deux diamants, qui marque explicitement le passage du diagnostic à la construction ;
- une slide finale sur les livrables attendus ou obtenus, qui ancre la restitution dans le réel plutôt que dans la méthode.
La cohérence graphique entre le schéma du modèle et la charte visuelle de l’entreprise n’est pas un détail esthétique. Elle dit quelque chose sur le sérieux de la démarche.
Appliquer sa charte graphique à une présentation de ce type renforce la crédibilité du contenu. Cela vaut aussi la peine de s’intéresser aux tendances actuelles de représentation visuelle de processus : les conventions de représentation évoluent et une visualisation datée peut parasiter la lecture du fond.
La clarté de la restitution conditionne directement l’adhésion du management. Une démarche, aussi solide soit-elle, ne convainc pas si elle est présentée comme un compte-rendu de méthode plutôt que comme une réponse à un problème réel.
Les limites du modèle à connaître
Tout cadre peut devenir un obstacle quand on l’applique mécaniquement.
Le Double Diamant n’échappe pas à ce risque : certaines équipes traversent les quatre phases comme une checklist, sans vraiment diverger en Découverte ni vraiment converger en Définition.
Le modèle perd alors toute sa substance. Par ailleurs, les phases ne sont pas toujours étanches : sur des projets courts ou très contraints, la frontière entre Définition et Développement peut être floue.
Ce n’est pas un problème en soi, à condition de le reconnaître plutôt que de le masquer derrière une représentation schématique propre.
En pratique : par où commencer ?
Choisir un défi précis plutôt qu’un chantier trop large, constituer une équipe pluridisciplinaire dès la phase de Découverte, pas seulement pour la phase créative, et allouer du temps réel à l’observation terrain avant de formuler quoi que ce soit. C’est souvent sur ce point que les équipes se perdent : le temps de la Découverte est perçu comme improductif, jusqu’à ce qu’on réalise qu’il évite de construire sur un mauvais diagnostic.
Pour découvrir comment une démarche structurée de ce type se traduit en production concrète, la méthodologie de Praesens-Slide en donne une illustration appliquée.
Maîtriser le Double Diamant, c’est aussi savoir l’expliquer. La méthode ne produit ses effets que si les personnes qui décident comprennent le chemin parcouru et pourquoi ce chemin mène là où il mène.
C’est exactement ce qu’une présentation bien construite peut faire. Si vous avez une démarche à restituer et cherchez comment lui donner une forme convaincante, les présentations sur mesure de Praesens-Slide partent précisément de là.